Les plantes communiquent grâce à des substances odorantes

Les plantes communiquent grâce à des substances odorantes

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Berne - Des chercheurs de l'université de Berne ont étudié le mécanisme par lequel les plantes renforcent leurs propres défenses lorsqu'elles se trouvent à proximité de voisines blessées. Les substances odorantes émises par les plantes blessées agissent alors comme des messagers qui déclenchent ces défenses chez les plantes saines. Une utilisation ciblée de ce phénomène pourrait avoir des répercussions sur la protection des végétaux.

(CONNECT) Des chercheurs de l'Institut des sciences végétales de l'Université de Berne ont étudié le mécanisme par lequel les plantes renforcent leurs propres défenses lorsqu'elles se trouvent à proximité de voisines blessées. Ils ont découvert que les plantes blessées émettaient des substances odorantes qui, à leur tour, déclenchaient la production de substances de défense chez les plantes saines, selon un communiqué. Si ce processus pouvait être contrôlé activement, cela pourrait avoir des répercussions sur la protection des végétaux à l’avenir.

Pour ces expériences, l’équipe dirigée par Matthias Erb a utilisé deux plants de maïs exposés à un flux d’air contrôlé. Sur l’une des plantes, ils ont simulé une attaque de chenilles, tandis que la seconde est restée intacte. Le flux d’air a transporté les substances odorantes de la plante endommagée vers la seconde, qui a alors développé des hormones et des gènes de défense, ainsi que ses propres substances odorantes. Ces phénomènes ont été mesurés à l’aide d’un spectromètre de masse spécial au niveau des stomates des plantes, par lesquels celles-ci absorbent et libèrent des substances odorantes. Les mesures ont montré que les plantes intactes développaient plus rapidement et en plus grande quantité des substances odorantes à des fins de défense que les plantes endommagées. Une étude comparative a été menée avec du maïs génétiquement modifié, qui ne possédait pas ces capacités. « Nos recherches sur ces plantes ont montré que les phytoncides dits “verts” sont nécessaires à la réaction de défense rapide des plantes voisines », explique Tristan Cofer, premier auteur de la présente étude, cité dans le communiqué.

Ces substances odorantes attirent les prédateurs naturels des ravageurs. À long terme, la connaissance de ces différents processus successifs pourrait aider à activer de manière plus ciblée les défenses naturelles des plantes cultivées et à réduire l’utilisation de pesticides, selon les chercheurs.

L'étude a été soutenue par le Fonds national suisse, par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) dans le cadre du financement de remplacement d’une bourse ERC Consolidator Grant, ainsi que par l’Université de Berne. Elle est publiée dans le dernier numéro des « Proceedings of the National Academy of Sciences » (PNAS). ce/ww