Une équipe d'astronomes réalise une percée dans la recherche sur les exoplanètes

Une équipe d'astronomes réalise une percée dans la recherche sur les exoplanètes

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Berne - Une équipe de recherche internationale, à laquelle participe l'Université de Berne, a découvert que, paradoxalement, plus les exoplanètes sont chaudes, plus leurs vents sont faibles. Elle en a déduit la présence de champs magnétiques et a pu en déterminer l'intensité.

(CONNECT) Des astronomes ont pu, à l'aide du Very Large Telescope de l'Observatoire européen austral (ESO) et de l'observatoire Gemini North, de démontrer pour la première fois que les vitesses des vents sur les exoplanètes situées en dehors de notre système solaire diminuent à mesure que la planète est plus chaude. « Cela va totalement à l'encontre de l'intuition, car toutes choses égales par ailleurs, les planètes chaudes disposent de plus d'énergie pour accélérer les vents ! », explique la co-auteure de l'étude, Vivien Parmentier, du Laboratoire Lagrange de Nice. D'après ce constat, comme l'indique la professeure dans un rapport de l'Université de Berne, l'équipe de recherche internationale a conclu : « Quelque chose doit freiner le vent sur les objets plus chauds. »

Le groupe, composé d’experts de l’Université de Berne spécialisés dans l’étude des planètes chaudes de type Jupiter, du Dr Elspeth Lee du Center for Space and Habitability et le Dr Joost Wardenier du département de recherche spatiale et de planétologie de l’Institut de physique, est parvenu à la conclusion que l’explication la plus plausible est la présence de champs magnétiques planétaires. Ceux-ci agissent comme un frein et peuvent ralentir le mouvement des particules chargées dans l’atmosphère. « Cette avancée ouvre une toute nouvelle perspective pour la recherche sur les exoplanètes », indique l'ESO dans son communiqué.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont examiné les vitesses des vents sur sept exoplanètes en orbite autour de différentes étoiles. Ces géantes gazeuses de type Jupiter, appelées « Jupiter chaudes », présentent toujours la même face à leur étoile. Il en résulte des différences de température extrêmes entre la face diurne, brûlante, et la face nocturne, perpétuellement sombre. L'équipe a pu montrer que les vitesses de vent qui en résultent sur ces exoplanètes vont de 7 200 à plus de 25 000 kilomètres à l'heure. À titre de comparaison, les vents les plus rapides mesurés sur Jupiter atteignent environ 1 500 kilomètres à l'heure.

« Pour la première fois, nous pouvons comparer les champs magnétiques d’autres mondes – une étape décisive pour comprendre finalement quelles planètes restent habitables, conservent leur eau et pourraient peut-être même un jour abriter la vie telle que nous la connaissons », explique l’auteure principale Julia Seidel, de l’ESO Chili et du Laboratoire Lagrange. L'astronome bernoise Elspeth Lee qualifie les résultats de l'étude de grand pas en avant « vers la compréhension d'autres mondes en dehors du système solaire » et de « bon présage pour l'Extremely Large Telescope de l’ESO, qui entrera en service en 2029 et permettra des observations encore plus précises ». ce/mm